Quittance de loyer en ligne
Le bon document selon ce que votre locataire a réellement versé, et les mentions que l'article 21 rend obligatoires
Dernière mise à jour : juillet 2026 · sources citées : Légifrance (loi n° 89-462, articles 7-1 et 21), décret n° 87-713 du 26 août 1987, service-public.gouv.fr
En résumé : avant de créer une quittance en ligne, vérifiez ce que le locataire a réellement versé. Loyer et charges payés en totalité, c'est une quittance. Paiement incomplet, c'est un reçu — l'article 21 de la loi du 6 juillet 1989 l'impose, et signer une quittance sur un paiement partiel revient à écrire noir sur blanc que vous avez tout reçu.
Quittance, reçu ou avis d'échéance : trois documents, trois moments
C'est l'erreur la plus coûteuse du bailleur qui gère seul, et à peu près aucun générateur ne prévient. Les trois papiers se ressemblent, ils portent les mêmes noms et les mêmes montants. Ils ne disent pas du tout la même chose.
| Situation au moment où vous écrivez | Document | Ce qu'il affirme |
|---|---|---|
| Le loyer et les charges ont été versés en totalité | Quittance | Le bailleur reconnaît avoir tout reçu pour la période, et « en donne quittance ». La dette du mois est éteinte. |
| Le locataire a versé une partie seulement (400 € sur 700 €) | Reçu | Le bailleur reconnaît avoir encaissé 400 €. Rien de plus. Les 300 € restent dus et réclamables. |
| Rien n'est encore payé, le mois commence | Avis d'échéance | Une demande de paiement, pas une preuve. Le document est nommé par l'article 21, qui interdit d'en facturer la gestion au locataire. |
Le piège se referme sur le deuxième cas. Un bailleur pressé remplit sa quittance habituelle en inscrivant 400 € au lieu de 700 €, la signe, l'envoie. Il vient de produire un écrit signé de sa main qui déclare avoir reçu le loyer de la période et en donner quittance. Le mois suivant, quand il réclame les 300 €, c'est sa propre signature qu'il doit contredire. Devant le juge, c'est une position difficile à tenir.
L'article 21 tranche en une phrase : « Si le locataire effectue un paiement partiel, le bailleur est tenu de délivrer un reçu. » Ce n'est pas une option de mise en forme, c'est ce que la loi vous demande d'écrire.
Le texte d'un reçu de paiement partiel, à copier
Notre générateur produit des quittances, pas des reçus — autant le dire tout de suite plutôt que de vous laisser bricoler. Pour un mois payé à moitié, prenez ce texte, remplacez les crochets, collez-le dans un mail ou un document. Il est gratuit et il n'y a rien à installer. Le cas est traité en détail, avec les situations fréquentes, sur notre page reçu de loyer.
Les deux lignes qui comptent : « ne vaut pas quittance » et « solde restant dû ». Elles transforment un aveu de paiement intégral en simple accusé de réception d'un acompte. Le mois où le locataire régularise l'ensemble, vous émettez alors une vraie quittance pour la période.
Ce que l'article 21 impose vraiment (et ce qu'il n'impose pas)
Beaucoup de pages listent « les mentions obligatoires de la quittance » comme si le texte les énumérait. Il ne le fait pas. Voici la répartition exacte, parce qu'elle change la façon de remplir le formulaire.
Ce que la loi exige littéralement — l'article 21 tient sur ce point en une ligne : la quittance « porte le détail des sommes versées par le locataire en distinguant le loyer et les charges ». Un montant global de 700 € sans ventilation ne respecte pas le texte. C'est la seule mention explicitement imposée, et c'est aussi celle qu'on oublie le plus.
Ce que la pratique rend indispensable — le reste ne vient pas d'une liste légale mais de la fonction du document : prouver qui a payé quoi, pour quel logement, sur quelle période. Sans ces éléments, la quittance ne prouve rien d'utile.
- Identité du bailleur et adresse : c'est lui qui reconnaît avoir reçu.
- Identité du locataire : celui qui est libéré de sa dette.
- Adresse du logement : indispensable si le bailleur possède plusieurs lots.
- Période couverte, en dates précises (du 1er au 31 mars, pas « mars »).
- Ventilation loyer / charges / total : la seule vraie obligation de l'article 21.
- Date du paiement, distincte de la date d'établissement du document — un loyer de mars encaissé le 8 avril reste un loyer de mars.
- Signature du bailleur : un document non signé ne vaut à peu près rien en cas de litige.
- « Sous réserve de tous mes droits » : facultatif, mais cette formule préserve vos recours sur les autres périodes.
Côté charges, la ligne « provision pour charges » ne peut porter que sur des charges récupérables — la liste est fermée par le décret n° 87-713 du 26 août 1987 : eau, chauffage collectif, entretien des parties communes, ascenseur, taxe d'enlèvement des ordures ménagères, entre autres. La taxe foncière et les gros travaux n'y sont pas. Le détail est sur notre page quittance de loyer avec charges, et le texte complet de l'article 21 est commenté ici.
Ce que « en ligne » change juridiquement : rien, sauf sur l'envoi
La valeur d'une quittance vient de son contenu, pas de son support. Un PDF généré dans un navigateur vaut exactement ce que vaut une quittance manuscrite sur papier libre : les mêmes mentions, la même force probante. Aucun texte n'exige de papier.
Le seul point où le numérique ajoute une condition, c'est la transmission. L'article 21, dans sa rédaction issue de la loi ALUR du 24 mars 2014, l'autorise « avec l'accord exprès du locataire ». Exprès veut dire explicite : un accord noté dans le bail, ou un mail du locataire disant qu'il veut la recevoir par voie électronique. Le silence ne vaut pas accord. Et le locataire peut revenir dessus — il redemande le papier, vous repassez au papier.
Concrètement : faites signer une ligne dans le bail, ou gardez le mail de confirmation. Le jour où quelqu'un conteste avoir reçu ses quittances, c'est cette trace qui vous sert. La procédure complète est détaillée sur envoyer une quittance de loyer par mail.
Ce que notre formulaire demande, champ par champ
Pour savoir si l'outil vous convient avant de cliquer, voici exactement ce qu'il y a dedans. Rien à installer, aucune inscription pour voir le résultat.
- Bailleur : prénom, nom, adresse complète.
- Locataire : prénom, nom, et son email si vous voulez lui envoyer la quittance.
- Logement : adresse, type (appartement, maison, studio, chambre) et une description libre du genre « T3, 65 m², 2e étage avec ascenseur ».
- Période et montants : mois, année, loyer hors charges et charges, saisis séparément. Le total est calculé pour vous et la ventilation apparaît sur le document — le point exigé par l'article 21.
- Règlement : mode de paiement (virement, chèque, espèces, prélèvement automatique) et date de paiement, qui reste distincte de la date d'établissement.
- Signature : lieu, puis votre signature dessinée à la souris ou au doigt. Elle est enregistrée sur votre compte et réinjectée dans les quittances suivantes.
Vos saisies restent dans votre navigateur (localStorage). Le mois suivant, le formulaire se rouvre pré-rempli : vous changez la période et la date de paiement, c'est tout. L'aperçu se met à jour en direct pendant la frappe, gratuitement et sans compte — vous voyez le document fini avant de décider quoi que ce soit.
Deux limites, autant les assumer. Le générateur ne gère pas le reçu de paiement partiel (le texte à copier est plus haut sur cette page), et il raisonne par quittance, pas par lot : si vous avez trois appartements, vous remplissez trois fois la première fois. Pour un mono-lot, c'est indolore. Pour un parc de dix, c'est encore trop manuel — et on préfère l'écrire ici plutôt que vous laisser le découvrir après avoir payé.
Si c'est pour la CAF, ce n'est pas une quittance qu'on vous demande
Le scénario revient sans arrêt : le locataire monte son dossier APL et écrit « il me faut une quittance ». Vous en produisez une, il la joint, et le dossier revient incomplet. Pour ouvrir un droit à l'APL, l'ALF ou l'ALS, la CAF ne veut pas la quittance : elle veut l'attestation de loyer, formulaire Cerfa n° 10842*07 « attestation de loyer ou résidence en foyer », édité par la Cnaf.
Les deux papiers n'ont ni la même direction ni la même fonction. La quittance regarde en arrière : elle constate qu'un mois précis a été soldé. L'attestation regarde le bail lui-même — le loyer en cours, les charges, le logement — et sert notamment à décider qui touchera l'aide : le locataire, ou vous en direct si vous demandez le tiers payant. C'est vous, le bailleur, qui la remplissez et la signez. Pas le locataire, pas son assistante sociale.
Notre générateur ne produit pas ce Cerfa, et on ne va pas prétendre l'inverse : c'est un formulaire officiel à cases, on ne le remplace pas par un PDF maison. Il se télécharge gratuitement sur caf.fr ou sur service-public.gouv.fr, et il se joint à la demande d'aide.
En revanche, la suite nous concerne. Une fois l'aide ouverte, ce sont bien des quittances qu'on vous réclamera : lors d'un contrôle, au renouvellement du droit, ou quand le locataire doit prouver qu'il a payé sa part malgré l'APL versée en tiers payant. Là, une quittance mensuelle signée avec la ventilation loyer / charges, ou un récapitulatif de douze mois, c'est exactement la pièce attendue. Retenez l'ordre : le Cerfa ouvre le droit, les quittances le tiennent. Tout le détail attestation vs quittance est sur notre page quittance de loyer pour la CAF.
Combien de temps faut-il les conserver ?
Trois ans au minimum, des deux côtés. C'est le délai de l'article 7-1 de la loi de 1989 : « toutes actions dérivant d'un contrat de bail sont prescrites par trois ans ». Passé ce délai, un arriéré n'est plus réclamable — mais encore faut-il pouvoir le prouver, dans un sens comme dans l'autre.
Notre conseil est plutôt cinq ans, et il tient en un scénario : une quittance de 2022 peut servir à trancher un litige sur le dépôt de garantie, prouver une antériorité d'occupation ou appuyer un dossier bien après la fin du bail. Un dossier dans le cloud, un fichier par mois, ça ne coûte rien. Pour regrouper douze mois d'un coup, voir la quittance annuelle.
Faut-il payer pour une quittance en ligne ?
Autant être franc, puisque le sujet finit toujours par arriver. Si vous avez un seul appartement et un locataire qui paie tous les 3 du mois sans histoire, le modèle gratuit à copier suffit largement. Vous le collez dans Word, vous changez deux lignes, c'est réglé. On ne va pas vous vendre un abonnement pour ça.
Ce qu'on vend, ce n'est pas le PDF — c'est de ne plus y penser. Le PDF à l'unité coûte 4,90 € et il rend service ponctuellement, quand il faut sortir un document propre et signé pour un dossier. L'abonnement à 29 €/an, soit 2,42 € par mois, sert à autre chose : chaque 5 du mois, la quittance du mois en cours est régénérée avec votre signature et part toute seule par email au locataire. Vous ne vous connectez pas. Vous ne cliquez sur rien. Le locataire l'a reçue avant de penser à la demander.
Le calcul est simple à faire soi-même : douze quittances à produire, à envoyer et à archiver dans l'année, contre une case cochée une fois. Si cette corvée vous coûte plus de deux minutes par mois, l'abonnement se rembourse. Sinon, restez sur le gratuit — c'est un conseil sincère, et notre page sur la gratuité explique d'ailleurs pourquoi la loi interdit de facturer la quittance au locataire.
Questions fréquentes
Non. Tout se passe dans votre navigateur, depuis un ordinateur, une tablette ou un smartphone. Aucune installation ni mise à jour à gérer.
Vos informations de quittance sont sauvegardées localement dans votre navigateur (mode gratuit) ou dans votre espace personnel sécurisé (abonnement Pro).
Moins de 2 minutes. Une fois vos informations saisies, elles sont mémorisées : le mois suivant, il suffit de changer la période et la date de paiement.
Oui. La valeur d'une quittance vient de son contenu, pas de son support. Dès lors qu'elle mentionne les identités du bailleur et du locataire, l'adresse du logement, la période et le détail loyer + charges (article 21 de la loi du 6 juillet 1989), une quittance créée en ligne a exactement la même valeur qu'une version papier. Depuis la loi ALUR de 2014, elle peut aussi être transmise par voie électronique avec l'accord du locataire.
Un reçu, pas une quittance. L'article 21 est explicite : « si le locataire effectue un paiement partiel, le bailleur est tenu de délivrer un reçu ». Une quittance signée déclare que vous avez tout reçu — vous devriez ensuite contredire votre propre écrit pour réclamer le solde. Le texte d'un reçu de paiement partiel est à copier plus haut sur cette page, gratuitement.
Le moment. L'avis d'échéance est envoyé avant le paiement : c'est une demande, il ne prouve rien. La quittance vient après le paiement intégral du loyer et des charges : elle prouve que la dette du mois est éteinte. L'article 21 nomme les deux documents et interdit d'en facturer la gestion au locataire.
Non. L'article 21 autorise la transmission dématérialisée « avec l'accord exprès du locataire » : un accord explicite, écrit dans le bail ou confirmé par mail. Le silence ne vaut pas accord, et le locataire peut revenir sur son choix à tout moment — vous repassez alors au papier.
L'aperçu du document est gratuit, sans compte et sans carte : vous voyez la quittance finie avant toute décision. Le PDF coûte 4,90 € à l'unité, ou 29 €/an (2,42 €/mois) pour l'illimité avec l'envoi automatique chaque 5 du mois au locataire. Avec un seul logement et un locataire régulier, notre modèle gratuit à copier suffit — inutile de payer.
Non, pas pour ouvrir le droit. La CAF réclame l'attestation de loyer (Cerfa n° 10842*07, édité par la Cnaf), un formulaire officiel distinct que le bailleur remplit et signe, et qui sert aussi à décider si l'aide est versée au locataire ou au bailleur en tiers payant. Notre générateur ne produit pas ce Cerfa : il se télécharge sur caf.fr. Les quittances viennent après, pour les contrôles et le renouvellement du droit.
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